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Métier “Budtender”

Entrevue avec Louis Philippe Lebel par Véronique Lettre.

On entend de plus en plus parler des « budtenders » ces experts qui jouent le rôle de sommelier mais en cannabis. 

Mais qu’est-ce que ça prend pour être un bon budtender? Pour le savoir, je me suis rendue à Québec rencontrer Louis-Philippe Lebel, consultant.

Louis-Philippe Lebel et Véronique Lettre

Louis-Philippe, comment décrirais-tu ton métier ?

Il s’agit de développer une expertise qui permet de décrire non seulement les parfums et les saveurs du cannabis mais aussi les effets reliés aux différentes souches. Le métier de « budtender » ressemble beaucoup à celui de sommelier où nous devons être capables de connaître suffisamment les différentes sortes de cannabis afin de faire les bonnes recommandations aux consommateurs en fonction de leur goût, leurs préférences et de l’expérience recherchée.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire cela ?

Je suis un ancien vétéran et je compose depuis plusieurs années avec un stress post-traumatique. À une certaine époque, je prenais 7 médicaments par jour pour combattre mon anxiété, améliorer mon humeur et mon sommeil. Un jour, un ami m’a initié au cannabis et je me suis rendu compte que ça me permettait de calmer mon anxiété et de me détendre. Et, contrairement aux médicaments traditionnels qui avaient comme effet d’anéantir mes émotions et me rendre complètement amorphe, le cannabis me permet d’obtenir tous les bienfaits sans les effets indésirables.

Ça m’a donné envie d’en apprendre plus et j’ai suivi un cours au Cannabis training University. J’ai ensuite passé deux semaines à Amsterdam et plusieurs mois à Vancouver pour explorer les dispensaires, découvrir les sortes de cannabis et apprendre sur les modes de consommation. J’ai essayé plusieurs produits afin de pouvoir expérimenter et comparer.

Aujourd’hui, je m’occupe bénévolement des vétérans chez Solutions Cannabis Médical à Québec. Encore aujourd’hui, je dois consommer tous les jours afin d’être fonctionnel.

Qu’est-ce que ça prend pour être un bon sommelier de cannabis ?

Il faut être curieux et ne pas avoir peur d’essayer plusieurs produits. Évidemment, ça prend un bon nez et un goût développé. Il faut aussi être aussi capable d’évaluer visuellement le cannabis pour juger de sa qualité. Mais le plus important est d’être en mesure de comprendre les effets et utilisations. Souvent, je vais essayer un même produit dans différentes circonstances afin d’arriver à déterminer quel est le bon produit pour chaque besoin.

Es-tu capable d’identifier une sorte de cannabis simplement par l’odeur?

Ça dépend lesquelles. Oui chez les fournisseurs que je connais bien. La difficulté est que, par exemple, 5 graines de cannabis peuvent donner 5 plantes différentes (visuellement et olfactivement).  Les effets demeurent les mêmes car elles proviennent de la même souche mais ceci les rend plus difficilement identifiables.

Quels sont les terpènes les plus faciles à identifier ?

Le Limonène et le Myrcène sont les plus faciles à sentir.

Quelle est la plus grande différence que tu observes entre les différentes souches ?

Les plantes de type Sativa sont plus vaporeuses avec une couleur plus pâle. Les plantes de type Indica sont plus compactes et foncées. On ne peut pas les identifier juste par l’odeur. Ça prend aussi un examen visuel.

Selon toi, d’où vient le meilleur cannabis ?

Je dirais le Canada, à cause du climat.

Quelles sont les souches les plus populaires?

Le Purple Kush et le Pink Kush, de souches Indica que je compare au vin rouge car plus corsées. Elles sont aussi faciles et rapides à faire pousser.

Sinon, il y a aussi les types Haze qui sont toutes des souches Sativa et que je compare au vin blanc car plus subtiles. Personnellement, j’aime beaucoup le Super Lemon Haze.

Dans la catégorie des Hybrides, les souche OG et Cheeze sont les plus populaires.

D’après toi, quel est l’avenir de cette spécialisation?

C’est difficile à dire mais chose certaine, j’aimerais bien voir des cours offerts afin de développer cette expertise particulière. Comme sommelier en cannabis on peut travailler auprès des patients dans les cliniques spécialisées en cannabis, comme conseiller à la SQDC (Société québécoise du cannabis) et auprès des producteurs à titre de « master grower ».

Un dernier conseil en terminant?

Essayez, explorez et amusez-vous!

Louis-Philippe, merci.

FAIT: Saviez-vous que le gouvernement rembourse jusqu’à 3 grammes par jour aux vétérans pour traiter leurs problèmes de douleurs et d’anxiété? Aujourd’hui, c’est plus de 6 300 vétérans au Canada qui bénéficient de ce programme.

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